Bien que j’aie passé une grande partie de ma scolarité à étudier la physique sous un peu tous ses angles, je ne me suis rendu compte que tardivement que tout ce qui existe est en perpétuel mouvement oscillatoire. La trajectoire des planètes, les saisons, l’alternance du jour et de la nuit, les rayonnements sous toutes leurs formes, la vie et la mort, le cycle de l’eau, mes coups de reins qui claquent copieusement le cul d’une latina, absolument tout. Ne pas être en mouvement, c’est être mort, ou ne pas exister du tout.
La psychologie telle qu’elle m’a été présentée a rapidement introduit le concept du pendule, et mon thérapeute de l’époque avait facilement identifié les oscillations de mon propre esprit. Face à l’évidence bien réelle de mes propres oscillations, j’ai commencé à questionner mes certitudes toutes faites sur l’existence et à entrevoir la possibilité d’un changement : là où je cherchais aveuglément la stabilité, l’équilibre, je ne trouvais de toute façon que chaos et mouvement.
La source de mon malheur, de mon mal-être, c’était ma conscience qui ne suivait pas les oscillations naturelles de mon inconscient. Et plus ces deux-là étaient désolidarisés, plus je me sentais incomplet, désaccordé, un peu comme Néo piégé dans la Matrice, ne comprenant pas pourquoi le monde ne tournait pas rond.
Voyez-vous, ce qui cause la souffrance des humains, c’est leur incapacité à sentir leur pendule, à suivre ses oscillations. La majorité d’entre nous passera même sa vie à lutter contre ses oscillations et à garder sa conscience accrochée à un endroit fixe. Même les modes de vie occidentaux font tout pour nous empêcher de sentir les vibrations de l’existence : nous avons accès à presque tous les produits alimentaires que nous désirons tout au long de l’année, nous avons de la lumière artificielle via nos écrans, nous pouvons voyager à travers le monde pour tromper les saisons, etc. Vous l’aurez compris, nous ne vivons plus au rythme de la nature, nous vivons au rythme que nous voulons. Nous vivons dans une illusion de stabilité qui nous rend particulièrement intolérants à l’incertitude, à l’imprévu, à la nature oscillatoire de l’existence.
Si cette stabilité a significativement augmenté notre confort, elle a évidemment détruit notre résilience. Même hormonalement, je vous rappelle que la testostérone, l’hormone de la résilience, est en chute libre depuis l’arrivée du confort moderne.
Si vous commencez à prendre conscience de vos propres oscillations, vous commencerez à entrevoir entre quels extrêmes vous oscillez. Je pense personnellement qu’il existe une infinité de façons de voir ces extrêmes, néanmoins ils sont tous symboliquement reliés : stabilité et instabilité, féminin et masculin, paix et guerre, création et destruction, Éros et logos.
Allez-y les mecs, acceptez votre féminité, ça fait partie des cycles naturels, je peux même vous certifier que vous en grandirez.